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Nouveau DPE : calcul, étiquettes et obligations à connaître en 2026

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Le nouveau DPE désigne le diagnostic de performance énergétique refondu le 1er juillet 2021, puis ajusté à plusieurs reprises. En novembre 2026, trois choses comptent : la méthode de calcul repose sur un double seuil (consommation d’énergie primaire et émissions de gaz à effet de serre), le diagnostic est opposable comme n’importe quelle information du contrat, et le coefficient appliqué à l’électricité a été abaissé à 1,9 au 1er janvier 2026, avant une nouvelle baisse à 1,7 en 2027. Résultat : une partie des logements chauffés à l’électricité gagnent une ou deux classes sans le moindre chantier.

  • Depuis le 1er juillet 2021 : nouvelle méthode de calcul unique, double seuil énergie et climat, DPE opposable et valable 10 ans.
  • Depuis le 1er janvier 2026 : le coefficient de l’électricité passe de 2,3 à 1,9, ce qui améliore l’étiquette de nombreux logements chauffés à l’électricité.
  • Au 1er janvier 2027 : ce coefficient descendra à 1,7 (arrêté du 19 août 2026).
  • Location : les logements G sont interdits à la mise en location depuis 2025, les F le seront en 2028 selon le calendrier légal en vigueur.

Pour un vendeur, un bailleur ou un acheteur, ces évolutions ne sont pas un détail technique. L’étiquette conditionne le droit de louer, la possibilité d’augmenter un loyer, l’obligation de produire un audit énergétique et, de plus en plus, le prix négocié. Ce guide reprend les changements dans l’ordre où ils vous concerneront, avec les dates et les seuils à connaître.

Nouveau DPE : ce que la réforme de 2021 a vraiment changé

Avant juillet 2021, deux logements identiques pouvaient obtenir des notes différentes selon la méthode employée. Pour les biens anciens, le diagnostiqueur se fondait souvent sur les factures des occupants, ce qui revenait à noter le mode de vie plutôt que le bâti. Un logement vide ou des factures introuvables donnaient même parfois un DPE vierge.

La méthode dite 3CL-DPE 2021 a mis fin à cette approche. Le diagnostic décrit désormais le logement lui-même : isolation des murs, de la toiture et des planchers, type de menuiseries, système de chauffage et d’eau chaude, ventilation, ponts thermiques. Les consommations sont calculées pour un usage standardisé, ce qui rend les DPE comparables entre eux.

Autre bascule majeure : le DPE est devenu opposable. Un acquéreur ou un locataire qui découvre une étiquette erronée peut se retourner contre le vendeur, le bailleur ou le diagnostiqueur. Ce caractère juridique a renforcé l’exigence de rigueur sur les relevés, et explique pourquoi un diagnostic sérieux demande souvent plus d’une heure sur place. Pour situer le DPE parmi les autres évaluations possibles (audit, bilan thermique), notre page Diagnostic énergétique détaille les différences et la manière de lire chaque rapport.

Lire les étiquettes du nouveau DPE : les seuils de A à G

La classe finale dépend de deux indicateurs. Le logement est classé selon le plus défavorable des deux : un bien peu énergivore mais chauffé au fioul peut ainsi être déclassé par ses émissions de CO2.

Classe Énergie primaire (kWh/m²/an) Émissions (kg CO2/m²/an)
A moins de 70 moins de 6
B de 70 à 110 de 6 à 11
C de 110 à 180 de 11 à 30
D de 180 à 250 de 30 à 50
E de 250 à 330 de 50 à 70
F de 330 à 420 de 70 à 100
G plus de 420 plus de 100

Les classes F et G forment ce qu’on appelle les passoires thermiques. Un critère supplémentaire s’applique en métropole depuis le 1er janvier 2023 : un logement qui consomme plus de 450 kWh d’énergie finale par mètre carré et par an est considéré comme non décent, quelle que soit sa lettre.

Le rapport mentionne aussi une estimation des dépenses annuelles d’énergie, exprimée en fourchette. Ce montant figure obligatoirement dans les annonces immobilières depuis 2022. Il reste indicatif : il repose sur un usage conventionnel et non sur la facture réelle du futur occupant.

Nouveau DPE 2026 : l’électricité moins pénalisée

Pour passer de l’énergie consommée au compteur à l’énergie primaire, le calcul applique un coefficient de conversion. Celui de l’électricité était fixé à 2,3 jusqu’à fin 2025, contre 1 pour le gaz ou le fioul. Un radiateur électrique, même récent, était donc lourdement pénalisé. L’arrêté du 13 août 2025 a ramené ce coefficient à 1,9 au 1er janvier 2026, pour mieux refléter le caractère largement décarboné de la production française.

Les pouvoirs publics avaient estimé qu’environ 850 000 logements sortiraient ainsi du statut de passoire. Les studios et petits appartements équipés de convecteurs et d’un ballon électrique sont les premiers gagnants.

Point pratique souvent ignoré : il n’est pas nécessaire de payer un nouveau diagnostic pour en profiter. Si votre DPE a été établi après le 1er juillet 2021 et que le logement utilise l’électricité, vous pouvez télécharger sur l’observatoire DPE de l’ADEME une attestation recalculée avec le nouveau coefficient. Elle conserve le numéro du diagnostic initial et sa date de fin de validité, et c’est elle que vous remettrez au notaire ou au locataire.

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Ce que prévoit le nouveau DPE au 1er janvier 2027

Un second arrêté, daté du 19 août 2026, poursuit le mouvement : le coefficient de l’électricité passera de 1,9 à 1,7 au 1er janvier 2027, pour les DPE comme pour les audits énergétiques. Les premières estimations évoquent plusieurs centaines de milliers de logements supplémentaires capables de quitter les classes F ou G.

Jusqu’au 31 décembre 2026, tout diagnostic reste calculé à 1,9. Si votre bien est à la limite entre deux classes et que la vente ou la location n’est pas urgente, attendre janvier peut changer la lettre affichée. À l’inverse, pour un logement chauffé au gaz, le changement de coefficient ne modifie pas la note : il réduit seulement l’écart relatif avec les biens tout électriques.

Cette baisse a aussi un effet de bord à surveiller : certaines aides à la rénovation sont calculées selon le nombre de classes gagnées. Un logement reclassé sans travaux part donc d’une étiquette meilleure, ce qui peut réduire le saut de classes atteignable et le montant de l’aide. Mieux vaut faire chiffrer le projet avec l’étiquette à jour.

Petites surfaces : des seuils adaptés sous 40 m²

La méthode de 2021 surestimait la consommation des petits logements, notamment à cause du poids de l’eau chaude sanitaire rapporté à très peu de mètres carrés. Un arrêté du 25 mars 2024, appliqué depuis le 1er juillet 2024, a corrigé ce biais en modulant les seuils des étiquettes pour les logements de moins de 40 m². Près de 140 000 petites surfaces seraient alors sorties des classes F et G selon les estimations publiées à l’époque.

Comme pour le coefficient électrique, une attestation corrigée est téléchargeable gratuitement sur l’observatoire de l’ADEME pour les DPE réalisés entre juillet 2021 et juin 2024. Pour les propriétaires de studios en location, c’est souvent la première démarche à faire avant d’envisager des travaux.

Location, vente, copropriété : le calendrier lié au nouveau DPE

Le DPE ne sert plus seulement à informer. Il déclenche une série d’obligations, échelonnées dans le temps par la loi Climat et résilience du 22 août 2021.

Date Obligation Logements visés
24 août 2022 Gel des loyers (pas de hausse ni de révision) Logements F et G en métropole
1er janvier 2023 Non-décence au-delà de 450 kWh d’énergie finale/m²/an Logements loués en métropole
1er avril 2023 Audit énergétique obligatoire à la vente Maisons et immeubles en monopropriété F ou G
1er janvier 2025 Interdiction de mise en location ; audit étendu à la classe E Logements G ; ventes de biens E
1er janvier 2026 DPE collectif obligatoire Copropriétés de 50 lots ou moins (après les plus grandes en 2024 et 2025)
1er janvier 2028 Interdiction de mise en location Logements F
1er janvier 2034 Interdiction de mise en location ; audit étendu à la classe D Logements E ; ventes de biens D

Ce calendrier est celui de la loi en vigueur à la date de publication. Un projet de loi de relance du logement, présenté au printemps 2026, prévoit d’assouplir certaines échéances pour les bailleurs. Tant que le texte n’est pas définitivement adopté et publié, les dates ci-dessus restent la référence. Dans les départements d’outre-mer, les interdictions de location suivent un calendrier décalé.

Pour un acquéreur, ces dates se traduisent en budget. Un bien classé F acheté pour être loué devra être rénové avant 2028 : le coût des travaux doit entrer dans la négociation dès la visite. Avant de faire chiffrer, lisez Ce qu’il faut savoir avant de contacter une entreprise de rénovation, les réflexes décrits valent bien au-delà de Paris. Si le projet implique une remise en état complète, notre guide Refaire appartement à neuf donne des repères de prix au mètre carré. Et pour ceux qui préfèrent éviter le sujet, un logement récent conçu selon la réglementation environnementale actuelle obtient presque toujours une bonne étiquette : la rubrique Se loger neuf détaille les options de financement.

Validité, prix et déroulé d’un nouveau DPE

Un DPE réalisé depuis le 1er juillet 2021 est valable dix ans. Les anciens diagnostics ne le sont plus : ceux de 2013 à 2017 ont expiré fin 2022, ceux de 2018 au 30 juin 2021 fin 2024. Si vous possédez un rapport antérieur à la réforme, il faudra en commander un nouveau avant toute vente ou location.

Le diagnostiqueur doit être certifié par un organisme accrédité ; vous pouvez vérifier sa certification dans l’annuaire officiel des diagnostiqueurs. Le tarif est libre, généralement entre 100 et 250 euros pour un appartement, un peu plus pour une maison. Méfiez-vous des prix très bas associés à une visite de vingt minutes : un relevé bâclé expose à un DPE contestable.

Pour que la visite soit efficace, préparez :

  • les factures ou attestations de travaux d’isolation, avec épaisseur et type d’isolant ;
  • la notice ou la plaque signalétique de la chaudière, de la pompe à chaleur ou du ballon d’eau chaude ;
  • les dates de remplacement des fenêtres et le type de vitrage ;
  • les plans ou le descriptif de copropriété si vous en disposez ;
  • l’accès aux combles, au sous-sol et aux équipements techniques.

Sans justificatif, le diagnostiqueur applique des valeurs par défaut, souvent défavorables. C’est l’une des principales causes de mauvaise note sur des logements pourtant rénovés.

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Erreurs fréquentes face au nouveau DPE

La première erreur consiste à commander un nouveau diagnostic alors qu’une attestation gratuite suffirait. Un logement chauffé à l’électricité ou de moins de 40 m², diagnostiqué depuis 2021, mérite d’abord une vérification sur l’observatoire de l’ADEME.

La deuxième est de croire qu’un équipement neuf suffit à changer de lettre. Remplacer de vieux convecteurs par des radiateurs à inertie améliore le confort, mais sans isolation ni ventilation correcte, le gain d’étiquette reste souvent faible. Comme pour un Renouvellement de parc informatique, changer le matériel sans repenser l’ensemble donne rarement le résultat espéré : l’enveloppe du bâtiment pèse plus lourd que l’appareil.

Troisième piège : négliger la cohérence entre le DPE et l’annonce. La classe énergie, la classe climat et l’estimation des dépenses doivent figurer dans toute annonce, et les biens F ou G mis en vente doivent signaler une consommation énergétique excessive. Une omission peut fragiliser la vente.

Enfin, beaucoup de propriétaires ignorent qu’un DPE manifestement erroné peut être contesté. Une contre-expertise par un autre diagnostiqueur certifié, puis un signalement à l’organisme de certification, permettent de corriger une note. Lorsque l’erreur a causé un préjudice financier, mieux vaut se faire conseiller par un professionnel du droit plutôt que d’agir seul.

Nouveau DPE : réponses aux situations les plus courantes

Le nouveau DPE fait-il baisser automatiquement mon étiquette si je chauffe à l’électricité ?

Le calcul ne change pas votre étiquette rétroactivement sur le papier, mais depuis le 1er janvier 2026 vous pouvez télécharger gratuitement une attestation recalculée avec le coefficient 1,9 sur l’observatoire de l’ADEME. Le diagnostic garde son numéro et sa date de fin de validité.

Un DPE réalisé en 2020 est-il encore valable en 2026 ?

Non. Les diagnostics établis entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ont cessé d’être valables le 31 décembre 2024. Pour vendre ou louer, il faut un DPE réalisé selon la méthode entrée en vigueur le 1er juillet 2021.

Peut-on contester un nouveau DPE jugé trop sévère ?

Oui. Le DPE étant opposable, un acquéreur ou un propriétaire peut demander des explications au diagnostiqueur, faire réaliser une contre-expertise par un autre professionnel certifié, puis signaler l’anomalie à l’organisme de certification. En cas de préjudice, un avis juridique personnalisé reste préférable.

Faut-il refaire son DPE avant le passage au coefficient 1,7 en 2027 ?

Pas forcément. Un DPE établi avant le 1er janvier 2027 reste calculé avec le coefficient 1,9. Pour un logement chauffé à l’électricité proche d’un seuil, il peut être judicieux de vérifier si une attestation actualisée sera proposée après cette date avant de commander un nouveau diagnostic.

Combien coûte un nouveau DPE pour un appartement ?

Le prix est libre. Pour un appartement, la plupart des devis se situent entre 100 et 250 euros selon la ville, la surface et le délai demandé. Une maison coûte généralement un peu plus cher.

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