Dans cet article Dans cet article
La loi Hamon permet de quitter son assureur auto à tout moment dès que le contrat a dépassé un an, sans pénalité et sans attendre la date anniversaire. Dans la pratique, c’est le nouvel assureur qui prend en charge les démarches, et la résiliation prend effet un mois après la réception de la demande par l’ancien. Il reste à choisir le bon moment, à comparer les garanties à périmètre égal et à ne jamais laisser la voiture sans couverture, même une seule journée.
- Texte de référence : loi du 17 mars 2014, applicable aux contrats auto depuis le 1er janvier 2015.
- Condition principale : un contrat souscrit depuis au moins un an, pour un usage non professionnel.
- Délai : la résiliation devient effective un mois après la réception de la demande par l’assureur sortant.
- Coût : aucune pénalité, et le prorata de prime non consommé est remboursé.
- Réflexe : le nouveau contrat doit être signé avant la fin de l’ancien pour éviter tout trou de garantie.
Ce que la loi du 17 mars 2014 a changé pour le conducteur
Avant 2015, un automobiliste mécontent de sa prime devait guetter l’avis d’échéance, puis envoyer sa lettre dans une fenêtre étroite. Rater cette date revenait à rester lié douze mois de plus. Le texte porté par le ministre Benoît Hamon a rompu avec cette logique : une fois la première année écoulée, le contrat peut être quitté n’importe quel jour, sans justification.
L’idée est de réveiller la concurrence. Un assureur qui sait que ses clients peuvent partir à tout moment est incité à garder ses tarifs cohérents d’une année sur l’autre, et pas seulement à l’approche de la date anniversaire. Pour le conducteur, l’effet le plus concret est la fin de la reconduction subie : on ne paie plus une année entière par simple oubli.
Le dispositif concerne les contrats d’assurance auto, mais aussi moto et habitation des particuliers. Il s’applique aux contrats tacitement reconductibles, ce qui couvre la très grande majorité des polices vendues au grand public.
Les conditions à réunir avant de lancer la procédure
Trois points suffisent à savoir si l’on est éligible. Le premier est l’ancienneté : douze mois pleins de contrat, comptés depuis la date de première prise d’effet. Le deuxième est la nature de l’usage : le véhicule doit être assuré à titre personnel, hors activité professionnelle. Le troisième est la forme du contrat, qui doit être reconductible sans limite de durée fixée à l’avance.
Les flottes d’entreprise et les véhicules affectés à une activité commerciale suivent d’autres règles, et les contrats temporaires ou de très courte durée n’entrent pas non plus dans le champ. Si le doute persiste, la lecture des conditions générales et des conditions particulières lève généralement la question en quelques minutes.
- Ancienneté d’au moins un an à la date de la demande.
- Usage privé du véhicule, y compris le trajet domicile-travail.
- Contrat reconductible, sans terme fixé à l’avance.
- Nouveau contrat déjà choisi, pour que le relais soit immédiat.
Le calendrier, de la signature au remboursement
Le mécanisme repose sur un mandat. En signant chez le nouvel assureur, le conducteur l’autorise à notifier la résiliation à l’ancien. Celui-ci dispose alors d’un mois à partir de la réception pour mettre fin au contrat, et la date d’effet du nouveau est calée sur ce terme. Le conducteur peut aussi agir seul, par lettre recommandée, courriel ou déclaration remise contre récépissé, selon ce que prévoit son contrat.
| Étape | Qui agit | Repère de temps |
|---|---|---|
| Choix du nouveau contrat | Le conducteur | Avant toute notification |
| Envoi de la demande de résiliation | Le nouvel assureur (ou le conducteur) | Le jour de la signature |
| Fin du contrat précédent | L’assureur sortant | Un mois après réception |
| Remboursement du prorata | L’assureur sortant | Sous 30 jours après la date d’effet |
Le remboursement porte sur la part de cotisation correspondant à la période postérieure à la résiliation. Si la prime annuelle a été réglée en une fois, la somme à récupérer peut être sensible, d’où l’intérêt de vérifier qu’elle arrive bien sur le compte dans le délai prévu.
Actualités Assurance emprunteur : guide complet pour faire le bon choix
Économiser vraiment : comparer à périmètre égal
Une prime plus basse n’est une bonne affaire que si les garanties sont comparables. Franchise, plafond d’indemnisation du bris de glace, assistance en cas de panne, valeur de remplacement pendant les premières années : ces postes varient beaucoup d’un contrat à l’autre et expliquent bien des écarts de tarif. Placer deux devis côte à côte, ligne par ligne, évite de découvrir au premier sinistre qu’une option essentielle a disparu.
Le relevé d’information joue ici un rôle central. Ce document retrace l’historique du conducteur sur les années passées, avec son coefficient de bonus-malus et ses sinistres. L’assureur sortant doit le fournir sur demande, dans un délai de quinze jours, et le nouvel assureur s’en sert pour établir son tarif. Le demander dès le début de la comparaison fait gagner un temps précieux.
Un dernier calcul mérite d’être fait : le gain annuel espéré, rapporté au temps passé et aux éventuelles différences de service. Un écart de quelques euros ne justifie pas toujours de changer, alors qu’un écart de plusieurs centaines d’euros pour des garanties équivalentes s’impose de lui-même.

Quand le contrat auto survit à son titulaire
La loi Hamon parle d’un conducteur vivant, qui choisit son assureur. La réalité inclut aussi les situations où le titulaire du contrat n’est plus là pour décider. Les règles du code des assurances prévoient en principe que le contrat se poursuit au profit de l’héritier, lequel peut y mettre fin, de même que l’assureur, selon des modalités précises. Pour les proches qui se retrouvent à gérer à la fois une voiture, un contrat et un calendrier de formalités, mieux vaut savoir ce que recouvre un décès sur les polices en cours, puisque la voiture reste assurable et assurée tant que rien n’a été notifié.
Dans ce contexte, le réflexe utile est de prévenir l’assureur rapidement, de ne pas laisser le véhicule circuler sans vérifier qui est désormais couvert, puis de décider calmement s’il faut conserver, transférer ou résilier le contrat. Les règles de la loi Hamon peuvent alors servir de repère, mais le cas particulier de la succession demande de confirmer chaque étape auprès de l’assureur, voire d’un professionnel du droit, car les situations familiales varient beaucoup.
Trois cas limites qui sortent du schéma habituel
Le premier concerne la vente de la voiture. Dans ce cas, la résiliation relève d’un autre motif que la loi Hamon : elle découle de la cession du véhicule, et le calendrier est dicté par la date de vente. Le second cas est celui du changement de situation, comme un déménagement ou une modification de la situation familiale, qui peut ouvrir un droit de résiliation distinct pendant la première année.
Le troisième cas, plus délicat, est celui du conducteur malussé. Rien n’interdit de changer d’assureur, mais certaines compagnies refusent ou majorent fortement les profils jugés risqués. Le conducteur qui se voit opposer plusieurs refus peut s’adresser au Bureau central de tarification, qui peut imposer à un assureur de proposer une couverture au tarif qu’il fixe. L’assurance responsabilité civile reste obligatoire, et rouler sans elle expose à une amende de 3 750 euros, sans parler des conséquences financières d’un accident non couvert.
Dans tous ces cas, la même discipline s’applique : ne résilier qu’une fois la continuité de la couverture acquise sur le papier.
Actualités Actualité économique en France : panorama pour les entreprises

Depuis quand la loi Hamon s’applique-t-elle à l’assurance auto ?
Le texte a été voté le 17 mars 2014, et sa mise en œuvre pour les contrats auto, moto et habitation des particuliers date du 1er janvier 2015. Tout contrat conclu depuis plus d’un an peut en bénéficier aujourd’hui.
Qui envoie la lettre de résiliation à l’ancien assureur ?
Dans la grande majorité des cas, c’est le nouvel assureur, qui agit au nom du conducteur grâce au mandat signé lors de la souscription. Le conducteur peut aussi faire la démarche lui-même s’il préfère garder la main sur le calendrier.
Un malus change-t-il quelque chose à la procédure ?
La procédure de résiliation reste la même, mais le choix du nouvel assureur peut être plus restreint. Certaines compagnies refusent les profils malussés, et le coefficient apparaît sur le relevé d’information transmis au futur assureur.
En combien de temps l’ancien assureur rembourse-t-il le trop-perçu ?
Le prorata de cotisation correspondant à la période non couverte doit être remboursé dans un délai de trente jours à compter de la date d’effet de la résiliation. Un retard peut donner lieu à des intérêts.
Une voiture utilisée pour le travail est-elle concernée ?
Le dispositif vise les contrats souscrits à titre non professionnel. Un véhicule affecté à une activité commerciale ou rattaché à une flotte d’entreprise relève de règles différentes, à vérifier dans le contrat.



